L’Etat devrait se prononcer d’ici moins d’un mois sur les projets rivaux d’infrastructures informatiques dematerialisees (« cloud computing »), destinees à stocker les donnees strategiques nationales, a indiqué jeudi l’un de concurrents en lice, le groupe Dassault Systèmes.

Dassault Systèmes s’est retiré en décembre, contre toute attente, du consortium « Andromède » auquel il devait participer aux côtés de l’Etat français et des groupes Orange et Thales, pour s’allier avec l’opérateur SFR (Vivendi).

« Nous sommes en discussions à l’heure actuelle pour finaliser le projet et pour le déposer dans les jours qui viennent », a déclaré Thibault de Tersant, directeur général adjoint pour les affaires financières de Dassault Systèmes, lors d’une conférence téléphonique consacrée aux résultats annuels du groupe.

« L’horizon en matière de temps est inférieur à un mois pour avoir bouclé toute l’affaire et savoir si c’est ce projet-là qui sera sélectionné dans le cadre du Grand emprunt », a-t-il ajouté.

Mercredi, le ministère de l’Industrie avait indiqué à l’AFP que « le Fonds national pour la société numérique (FSN) pouvait tout à fait apporter son appui à plusieurs projets ».

Initialement, l’Etat français devait injecter 135 millions d’euros dans le projet « Andromède » via la Caisse des dépôts, tandis qu’Orange et Dassault Systèmes devaient mettre chacun 60 millions d’euros et Thales 30 millions.

« L’investissement total pour ce projet est de l’ordre de 200 millions, à partager entre les partenaires du projet, et qui seront débloqués sur plusieurs années car on ne fait pas du jour au lendemain une infrastructure de cloud computing », a expliqué Thibault de Tersant.

L’objectif d’ »Andromède » est de contrer les géants « non-européens » –tels Google ou Amazon.com– qui ont investi ces dernières années des milliards de dollars dans le secteur, notamment pour construire d’énormes centres de stockage de données informatiques (« datacenters »).