La troisième édition de l’Observatoire du marché des noms de domaines de l’Afnic révèle une bonne santé pour les noms de domaines en .fr, très appréciés des entreprises.

En 2009, les entreprises n’ont pas boudé le .fr. Bien au contraire, sur fond de crise, le marché a résisté avec 25 % de croissance annuelle pour cette extension, contre une moyenne de 8 % pour les autres extensions au niveau mondial. C’est ce que révèle, entre autres, la troisième édition de l’Observatoire du marché des noms de domaines, publié par l’Afnic (Association française pour le nommage Internet en coopération) aujourd’hui et réalisé en collaboration avec Telecom & Management SudParis.

Selon cette étude, le rythme de progression du .fr a été multiplié par deux depuis 2006. La preuve ? En septembre dernier, l’association enregistrait le 1,5 millionième nom de domaine en .fr.  Aujourd’hui, cette extension représente un tiers de l’ensemble des noms de domaines enregistrés en France, et 80 % de la croissance nette du marché. « Pour moi, la tendance la plus marquante pour 2009, c’est la constance de cette progression. Non seulement le .fr poursuit sa croissance, mais c’est surtout sa stabilité, et son taux de renouvellement de plus 80 % qui sont importants. Cela signifie que les entreprises françaises sont attachées au .fr, et l’utilisent », souligne Patrick Maigron, enseignant-chercheur à Telecom & Management SudParis, qui a collaboré à l’étude.

Le .com est le grand perdant de l’année

En effet, les trois quarts des noms de domaines en .fr conduisent à un site web réel, majoritairement professionnel. Selon l’Afnic, 70 % des entreprises françaises, et un quart des 36 000 communes françaises, ont un nom de domaine en .fr. L’Afnic cite plusieurs raisons à ce succès : les entreprises françaises (et les particuliers) aiment désormais être visibles sur internet en .fr, mais aussi l’automatisation et la simplicité accrues des procédures, ont facilité son adoption (voir encadré). « Mais le tarif des noms de domaines reste la priorité », rappelle Mathieu Weil.

Le tarif du .fr, en effet assez bas, puisqu’il est évalué en moyenne à 12 euros hors taxe, avec, selon l’Afnic, de forts contrastes entre les acteurs orientés entreprises et ceux tournés vers les particuliers. Le second marché reste très dynamique, avec 35 % de croissance annuelle en nombre de transactions, et le .fr est le plus valorisé dans ces transactions. En somme, le .fr a trouvé sa place sur le marché français, un peu au détriment du .com d’ailleurs.

Car si le .com domine toujours le marché, avec 80 millions de domaines enregistrés, sa popularité en France s’effrite peu à peu. Selon l’Afnic, le .com est le grand perdant de l’année, avec une part de marché qui a décru de 5,5 % en un an.

Une consolidation des bureaux d’enregistrement

Malgré cette bonne tenue pour le .fr, le nombre de bureaux d’enregistrement est en diminution régulière. Selon l’Afnic, beaucoup préfèrent devenir des revendeurs de plus gros bureaux d’enregistrements. « Cela dénote aussi d’une meilleure professionnalisation du marché. Nous ne sommes pas mécontents du phénomène. Certains bureaux n’étaient pas de bonne qualité : problèmes techniques et mauvaises connaissances des procédures étaient leur lot quotidien », précise Mathieu Weill, directeur général.

En fait, le marché est considéré aujourd’hui comme « modérément concentré ». Il n’était pas concentré jusqu’en 2008. « On est en train d’aller vers de moins en moins de concurrence sur ce marché. Certains opérateurs tirent bien leur épingle du jeu », ajoute Mathieu Weill. OVH, par exemple, bureau d’enregistrement classé numéro 1 par l’AFNIC, a connu une progression fulgurante. Son succès est d’ailleurs en partie responsable de la concentration des bureaux.

Le marché devrait cependant, selon l’Afnic, subir une mutation importante dans les prochaines années, avec la création de nouvelles extensions génériques par l’Icann. Par exemple, les extensions .paris, .berlin, ou encore plus exotique, des .cym, .bzh, .eco, .food, .sport, ou d’autres extensions dans d’autres scripts que le script latin sont envisagés. L’Afnic fera bénéficier de son expérience et de ses infrastructures de registre aux candidats à de nouvelles extensions qui partagent sa philosophie ou qui sont complémentaires du .fr. D’ores et déjà, l’association est candidate pour gérer le .paris, en partenariat avec l’association de registres Core Internet Council.

Un protocole pour gérer les noms de domaine

En mars dernier, l’Afnic a mis en place EPP, un protocole normalisé de communication entre les bureaux d’enregistrement et le système d’information Afnic. Il apporte des améliorations en termes de rapidité et de sécurité des échanges entre les registres et leurs bureaux d’enregistrement. EPP pourrait attirer de nouveaux acteurs mondiaux, le coût de développement des interfaces logicielles étant largement réduit. Deux mois plus tard après son lancement, EPP était déjà utilisé pour 62 % des requêtes et 40 % des enregistrements des noms de domaines en .fr.

Source : 01NetPro

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